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1 octobre 2013 2 01 /10 /octobre /2013 18:24

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Le roman attendu de Michel ZORDAN

 

Extrait du roman

 

Le matin du 28 avril, dès cinq heures, je sautai du lit. Une à une les étoiles quittaient le ciel et bientôt une lueur apparut à l’ouest. L’aurore était là. Je préparai du café, avalai deux tranches d’ananas, plus deux, même trois bananes. Il fallait absolument que ça tienne au corps. J’en mis trois autres dans la musette et ajoutai une ration, la journée risquait d’être longue. Je complétai mon équipement avec le chapeau de brousse, mon couteau commando, ma gourde pleine d’eau et mon étui révolver garni du MAC 50. Au dernier moment, j’attrapai mon appareil photo.

Quelques minutes avant six heures, j’arrivai devant la case du Chef Avungara. Niangara, Wamba, et Yangambi, les 3 autres chausseurs étaient déjà là. Je lançai un petit bonjour, mais je n’eus aucun écho, à croire que je n’étais pas le bienvenu. Mes phalanges me faisaient toujours un peu mal et je savais pourquoi.  Yangambi présentait une belle entaille à l’arcade, je n’y avais pas été de main morte.

 
Nous prîmes la direction est, Wamba ouvrait la marche et le chef la fermait. Nous nous trouvions à l’orée de la forêt, dans une zone de paille, juste parsemée de quelques touffes d’arbres, lorsque le Chef Avungara me fit un signe. Les trois chasseurs se répartirent sur cent cinquante mètres, en ligne droite, laissant le chef sur leur gauche et moi à ses côtés.

– Il y a un point d’eau à quatre cents mètres devant nous. Tout autour l’herbe est encore verte, nous avons des chances d’y trouver une antilope, peut-être même un buffle d’eau. Nous allons nous avancer, jusqu'à voir le plan d’eau,  trente à quarante mètres. S’il y a plusieurs animaux, c’est le chasseur qui se trouve à meilleure portée du plus gros qui a la priorité. Après le coup de feu, les animaux en fuite passent  sur les bordures, c’est à chacun de nous de faire au mieux. 


La traque commença, d’abord debout, puis de plus en plus courbé au fur et à mesure de notre progression.   

Nous étions encore à plus de cent mètres lorsqu’un coup de feu éclata, le Chef Avungara se releva aussitôt. Mais nous n’étions pas assez proches et tous les animaux, dont quatre buffles, réussirent à s’enfuir. L’homme partit presque en courant vers les autres chasseurs, je le suivis sans poser de question. Apparemment ce n’était pas Niangara qui avait tiré. Ce n’était pas non plus Wamba, maisYangambi le chasseur à l’arcade fendue. L’explication en langue Zandé fut courte, mais très vive. Dans un geste rageur, le jeune chasseur tendit son fusil au Chef Avungara. L’homme se tourna vers moi. 

– Ce sot a tout fait rater, tout ça pour montrer qu’il est le meilleur des chasseurs. Il y avait une dizaine de grands cobs des roseaux et quatre buffles. Pour les cobs, c’est terminé, mais peut-être pas pour les buffles. Nous allons essayer de les retrouver. Tu vas remplacer Yangambi, mais il ne s’en tirera pas aussi facilement, il sera jugé par le conseil des sages. 

– Chef Avungara, un buffle ça doit peser entre quatre cents et cinq cents kilos, vous les tirez avec quelles munitions ? 

– Nous avons des cartouches chargées à balles, que nous fabriquons nous-mêmes. Nous devons juste approcher l’animal d’assez près. Wamba est un bon pisteur, il va tenter de retrouver les traces, nous allons le laisser prendre de l’avance.     

Je tenais dans les mains le fusil de Yangambi, un express à chiens extérieurs de calibre 600PN signé AUGUSTE FRANCOTTE. L’arme présentait un léger jeu à la bascule et les canons, surtout le gauche, avaient un peu souffert de la corrosion. Mais si d’aventure je tombais face à spécimen d’une demi-tonne, c’était l’arme adaptée. 

 

Depuis notre départ ce matin, Mona n’avait pas quitté mon esprit, elle faisait le chemin avec moi. Nous marchions depuis environ une heure, lorsque Wamba revint vers nous. Un conciliabule s’engagea avec le chef Avungara, puis avec les autres Zandés. Enfin, il se tourna vers moi.   

– Il a retrouvé les buffles, ils sont tout près dans les pailles, à quelques mètres seulement des arbres qui sont là-bas. Nous allons les prendre à revers, à partir de la forêt ça sera plus facile pour les approcher.

 
Lorsque nous arrivâmes sur les lieux, les animaux s’étaient déplacés. Ils se situaient maintenant à cent cinquante mètres de la lisière. Pas question de les tirer d’aussi loin, même avec un calibre 600PN.    

– Nous allons tenter une approche, le vent a tourné et nous irons tous les deux seuls. Les autres vont s’installer de manière à leur couper la retraite. Ils ne tireront que si nous n’avons pas pu en atteindre un nous-mêmes. Nous avons un signal pour ça.


Dans l’herbe haute, le Chef Avungara se déplaçait de façon étonnante pour un homme de son âge. Rapidement, nous fûmes éventés et nous entendîmes le bruit des animaux fuyant. Puis un coup de feu claqua et quelques secondes plus tard le signal annonçait la mort.   

– Ils l’ont eu, ce soir il y aura la fête au village de Zandé.    

Arrivés sur les lieux, Wamba, le guide, nous attendait. Il nous expliqua que c’était Niangara qui avait tiré sur le buffle. Il nous expliqua aussi que l’animal s’était bien écroulé sur le tir, mais que quelques secondes plus tard il se relevait pour repartir brinquebalant. Niangara et Yangambi partirent alors à sa poursuite.

 

– Je leur ai bien dit que c’était très dangereux, mais ils n’ont pas voulu m’écouter. J’ai échangé mon fusil avec celui de  Niangara, deux coups c’est quand même mieux qu’un seul en cas de danger.  

– Les imbéciles ! L’animal va les attendre et les charger à la première occasion. Allons-y vite !

 

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dans les libraries  ISBN 978-2-9532863-8-0

 

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publié par lucien lubrano - dans roman
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